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jeudi 15 juillet 2010

Coup d’oeil dans le rétro, épisode 8/12

La FFMC 89 de 1979 à 1984, la saga racontée par Philippe Bernard

Enquête sur les tarifs d’assurances, 13 avril 82

Les compagnies d’assurance pratiquent des prix prohibitifs pour les motos, de plus les conditions d’admission sont souvent draconiennes.

La FFMC 89 prend donc l’initiative d’interroger les courtiers du département afin de comparer les tarifs et conditions d’accès. Sur 44 courtiers interrogés, 13 seulement répondent et, parmi ces 13, seuls 5 donnent des indications exploitables ! Certains cabinets ne veulent pas communiquer les montants de primes pour les motos car ils les jugent, c’est eux-mêmes qui le disent, inacceptables !

Cette enquête démontre de façon irréfutable que les tarifs que se propose d’appliquer la Mutuelle des Motards (elle commence à prendre son nom définitif) sont, de loin, les moins chers du marché.
Les résultats de cette enquête sont communiqués par tous les moyens possibles.

De son coté, Jean Marc exhorte les motards, par une lettre ouverte intitulée « Les motards sont-ils des veaux ? », à verser leur participation de
250 F (+30 F) pour la création du fonds.
Cette lettre est très révélatrice de son style.
La harangue, au début, est violente : « ...tel un veau tu vas à l’abattoir. », « Tel l’éternel assisté que tu es... ».
Puis, viens la possibilité de la rédemption : « le rôle des copains de la FFMC est d’aider chaque motard à exister », « Pour être libre il faut d’abord que tu prouves que tu existes » (paroles de Michel BERGER ?).
Enfin, apparaît l’avenir radieux : « ... tu viens de me prouver que tout n’est pas perdu. », « ... demain nous ne serons plus des robots ».
Jean Marc est un gourou ! C’est le Gilbert Bourdin des motards, Gilbert Bourdin dit « sa Sainteté le Seigneur Hamsah Manarah » ou « Messie Cosmo-planétaire » qui régnait sur le Mandarom...

Mais ne nous moquons pas de la jeunesse et de son enthousiasme. Nous avons tous donné dans ce travers à une époque et, maintenant encore, les plus jeunes se laissent emporter par ce romantisme un peu exalté...

Du reste, en ce printemps 1982, le fonds de garantie est déjà de « 100 millions de centimes » et « un nouveau million d’anciens francs » arrive chaque jour(en ce temps là, 22 ans après l’avènement des « nouveaux francs, on a encore du mal à parler en NF dès qu’on dépasse la somme de 10 000 NF !).

Cet afflux d’argent démontre que, en dépit de discours parfois trop agressifs, le goût de la jeunesse pour la révolte n’empêche pas d’accomplir de grands destins.

Dans l’Yonne on fait intervenir les députés de gauche à l’Assemblée Nationale. L’écoute, de ce côté-là, est nettement plus attentive qu’à l’époque du gouvernement Barre avec les parlementaires RPR.
Deux communiqués sont publiés à propos du permis et du fonds de garantie dans les deux journaux locaux. Communiqués totalement similaires puisqu’ils émanent de la même source.

Ils annoncent également les troisièmes assises nationales de la FFMC qui se tiendront, après Le Havre et Lyon, à Grenoble. Et ceci les 10,11 et 12 avril. Le mouvement commence à avoir ses rites réguliers...

Réunion d’information à Migé, 22 mai 1982

100 briques, ce n’est pas 500 briques ! A la cadence de 10 000 F (une brique, donc) par jour, il nous faudra encore 400 jours pour rassembler la somme nécessaire pour le fonds de solidarité. Et, encore, en espérant que le rythme des versements se maintienne.
Afin de maintenir, voire d’accélérer le mouvement, la FFMC de l’Yonne invite, en mai, les motards du cru à une réunion d’information dans le sud du département, zone encore peu prospectée par cette antenne essentiellement centrée sur Sens.
Le 22 mai, dans une salle de la mairie de Migé, la FFMC donne des nouvelles de la Mutuelle, expose les actions entreprises pour obtenir la réforme du permis moto, présente les résultats des débats organisés à Grenoble.

Coluche

On ne peut pas comprendre tout à fait l’état d’esprit de la jeunesse français de ces années-là si on ne se souvient pas du formidable succès, à l’époque, d’un fou de motos nommé Coluche.
En 1982 Coluche est encore jeune, il a 38 ans. Il ne deviendra jamais vieux car il lui reste 4 ans à vivre, 4 ans avant de percuter un camion avec sa moto.
Il a derrière lui des millions d’admirateurs qui se régalent de ses attaques virulentes contre le racisme et la « beauferie »...
Il a devant lui des triomphes comme le César du meilleur acteur et la réussite des Restos du Cœur...
La jeunesse adore Coluche car il marque une véritable rupture avec la société française coincée et compassée, il ose dire ce que la plupart pensent tout bas, rien n’arrête son audace. Sa liberté de penser et de s’exprimer semble n’avoir aucune limite. Sauf celle imposée par ce « putain de camion » le 19 juin 1986, date du 6ème anniversaire de « Ma Gueule ».
Coluche, c’était l’antidote à la pensée formatée, c’était une énorme bouffée d’oxygène pour les esprits. Tous les motards étaient fous de Coluche en 1982.
Coluche, reviens ! Tu nous manques...

Puisque nous sommes dans une note d’ambiance, on peut préciser que, en cet été 82 particulièrement torride, les membres du bureau de la FFMC savent se détendre. Ainsi ils seront plus efficaces pour les batailles de l’automne.
Ils se retrouvent le 16 juillet 1982 au domicile de Phil et Chantal pour une soirée couscous où chacun est revêtu d’une djellaba ou ce qui s’en approche le plus.

Les rassemblements se succèdent comme celui de Pousseaux (58), le 5 septembre 82, où tout le monde se retrouve devant la mairie du village, un verre à la main.