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vendredi 25 juin 2010

Coup d’oeil dans le rétro, épisode 7/12

La FFMC 89 de 1979 à 1984, la saga racontée par Philippe Bernard

Jean Marc Maldonado

C’est ce qu’a montré, depuis un an, la FFMC nationale en choisissant la Tour Eiffel et la Concorde pour ses rassemblements, en soudant les portes des trésoreries, en bloquant l’immense barrière de péage de Fleury en Bière, en « kidnappant » Giscard au Musée Grévin, en s’invitant à la « Fête de la Jeunesse » (Auteuil-Neuilly-Passy !)...
D’ailleurs, depuis quelques mois on n’entend plus parler de « Mouvement Motard » ou d’ « Association de Défense des Motards ». Il n’existe plus dans les esprits et dans les médias que la « Fédération Française des Motards en Colère » et, à sa tête, un meneur né, audacieux et enthousiaste, le fameux Jean Marc Maldonado.

Fameux car, avec sa fougue et son caractère très entier, Jean Marc réussit à entraîner dans son sillage des milliers de motards. Parfois en utilisant des méthodes d’exhortation qui ne font pas l’unanimité. Il n’hésite pas à traiter de veaux ceux qui n’adhèrent pas à fond au mouvement de protestation.
C’est un « résistant » comme il en existe dans tous les conflits. Ce n’est pas un « gestionnaire », habile à manier la diplomatie.
D’ailleurs, comme les résistants ont laissé la place aux gestionnaires une fois les envahisseurs reconduits chez eux, Jean Marc Maldonado s’effacera, lorsque l’utopie qu’il avait inventée laissera la place à la dure réalité du marché de l’assurance.
Mais il ne faudra jamais oublier que les motards lui doivent, en partie, la suppression de la vignette, la réforme du « maudit permis », la baisse des tarifs de péages, la création de la mutuelle d’assurance, le début de l’amélioration des infrastructures routières...
Un fameux personnage qui prête à polémique mais dont il ne serait pas convenable de minimiser l’influence...

Manifestation « de la colère » à Paris, 20 février 82

La question de la vignette étant réglée, le processus de création d’une mutuelle d’assurance étant engagé, il reste encore un gros dossier à traiter : la réforme du permis moto.
Or, le 19 décembre 81, lors d’un Comité Interministériel sur le Sécurité Routière, le Premier Ministre a clairement annoncé qu’il ne serait pas question de cette réforme. Trahison !
La FFMC, de son côté, annonce, tout aussi clairement, que, dans ces conditions, une manifestation nationale est organisée le 20 février, rendez vous sous la Tour Eiffel à 14 :00.
La section de l’Yonne relaie l’appel à manifestation dans la presse locale. Presse locale toujours réduite aux deux titres : « L’Yonne Républicaine » et « Le Sénonais Libéré ». Deux titres qui parlent le même langage puisqu’ils publient in extenso nos communiqués.
Une campagne d’affichage appuie ces appels.

En ce samedi 20 février 82, au matin, sur la place Jean Jaurès, lieu traditionnel de tous leurs rassemblements, il ne fait pas bien chaud malgré les poignées chauffantes et les manchons ! Aussi, les motards de l’Yonne ne sont pas nombreux pour le départ groupé vers Paris.
Ils auront la neige à Paris. C’est très beau la Tour Eiffel sous la neige ! C’est d’ailleurs pourquoi cette image se vend très bien dans des demi-sphères en plastique transparent que les touristes s’arrachent.
Et puis, quand on est nombreux (5 à 6000) et enthousiastes (on envahit les studios de la télé à Cognacq-Jay) on ne sent plus vraiment le froid.
Mais c’est tout de même difficile de rentrer dans l’Yonne à la nuit tombée, les deux pieds glissant sur une route nationale 6 qui est devenue une patinoire. Difficile à tel point que certains abandonnent leurs machines à des riverains et terminent le trajet à pieds (une vingtaine de kilomètres, tout de même !) jusqu’à Sens.

Les deux journaux de l’Yonne ainsi que la presse spécialisée relatent les évènements du 20 février’

A la suite de cette manifestation, le Premier Ministre est impressionné par la détermination des motards. On peut, au moins, l’imaginer puisqu’il reçoit, à Matignon, une délégation conduite par Jean Marc. Les représentant de la FFMC apprennent, dans leurs cuirs mouillés au milieu des ors de la République, que GERONDEAU, le Délégué à la Sécurité Routière, honni par tous les motards, va être remplacé par un nouveau Délégué qui étudiera la réforme du permis !
Deux mois après la réunion de la Commission Interministérielle, le gouvernement a complètement retourné sa veste.
Les « à quoi bon », les défaitistes qui acceptent toutes les décisions en baissant l’échine et sans jamais lever le petit doigt ont, cette fois-ci, définitivement tort !