Accueil > La FFMC 89 > La Vie de l’antenne

mardi 18 mai 2010

Coup d’oeil dans le rétro, épisode 5/12

La FFMC 89 de 1979 à 1984, la saga racontée par Philippe Bernard

Manifestation à Auxerre, 15 novembre 80

Le 15 novembre, dans ce contexte d’avant référendum, nombre de personnalités socialo-communistes sont aux cotés des motards pour une nouvelle manifestation, à Paris, contre cette vignette qui cristallise toutes les exaspérations.
Les forces de l’ordre, de leur côté, sont inhabituellement conciliantes avec les manifestants.
Il apparaît clairement qu’il est temps de frapper un grand coup. C’est pourquoi les manifestants entreprennent de souder les portes métalliques des centres d’encaissement des impôts. Action symbolique, bien sûr, mais hautement sympathique aux yeux de la population.

En une année, les méthodes de communication du mouvement motard se sont considérablement améliorées !

Dans l’Yonne, la section FFMC propose, ce même jour, un rassemblement des motards à Auxerre dont le maire, Jean Pierre SOISSON, est toujours Ministre de la Jeunesse et des Sports.
Le bulletin de liaison « Les Motards en Colère » se fait l’écho de cet appel départemental dans son n° 3 de novembre 80.

Dans toutes la France, la FFMC demande aux motards verbalisés pour défaut de vignette de lui adresser les procès verbaux afin qu’un collectif d’avocats puisse intervenir auprès des autorités au nom de la Fédération.

18 décembre 80, conférence de presse

La FFMC tient une conférence de presse à Paris le 18 décembre. Elle dénonce notamment :
- le fiasco de la vignette (80% des usagers ne l’ont pas achetée),
- le « permis suicide de Gérondeau » (GERONDEAU, c’est le Délégué à la Sécurité Routière),
- les infrastructures routières inadaptées aux motos (rails dits « de sécurité », bandes blanches glissantes sur le chaussée, stries sur les autoroutes...),
- la vignette injuste,
- les tarifs d’assurances exorbitants,
- le coût excessif des équipements de sécurité,
- les statistiques d’accidents truquées.

Manifestation à Sens, 26 mars 81

Dans l’Yonne, l’année commence par une petite piqure de rappel : les motards sont à nouveau invités à faire parvenir leur PV pour défaut de vignette au coordinateur départemental (il est devenu pour un temps « délégué Bourgogne ») et à se procurer les autocollants « 650 » et « 1000 » à placer sur leurs motos.

L’hiver est rude pour les Moto Clubs de Sens : Le MC « Les Bidons » (Président : Père Jack) a rendu l’âme le 15 novembre 80 et l’Association Motocycliste de l’Yonne (Président : Riton) fait de même le 25 avril 81.
Il est probable que cette formule de clubs bien structurés et déclarés réglementairement ne convient plus aux motards des années disco plutôt enclins à faire la fête qu’à collectionner des coupes dans des rallyes et des concentrations.
Riton et le Père Jack étant beaucoup plus disponibles maintenant, ils vont pouvoir, avec Momo et Phil, intensifier la lutte pour la défense de la moto.

Mais, même sans organisation estampillée par la sous préfecture, les motards de Sens partent dans les Alpes, en février, pour la première « Hivernale des Sénons ». Les chutes sont nombreuses mais cela n’affecte pas le moral des « roule toujours ». L’épopée (car ça en deviendra une) durera vingt ans.

Les autres clubs de l’Yonne, quant à eux, continuent, en cette année 81, à proposer de joyeuses promenades aux motards du coin.
Le 9 mai, le « Rallye des Margouillats », organisé par le MC « Les Taupes », emmènera les motos dans les vignobles de l’Yonne : Coulanges la Vineuse, Chablis, Irancy, Chitry, St Bris le Vineux... Des noms qui donnent le sourire à ces bons buveurs (une autre époque !).
Tout comme les surnoms des participants, d’ailleurs. En effet, outre les pseudonymes cités plus haut, on rencontre, dans ces joyeuses bandes motorisées, des « La Rouille », « L’Auvergnat », « Baschung », « Guittou », « Nanard », « Gavroche »... Tout cela fleure bon le terroir.
Le 26 mai c’est la traditionnelle réunion de motos anciennes organisée par l’AMAA (Président : Patrick NEGRO). On y rencontre de superbes machines, comme ces deux Vincent « Black Shadow » sur la photo. Celle de gauche est maintenue par Alain GRARE, célèbre amateur de ce genre de machine. Howard Raymond Davies (HRD) a vendu son usine (et sa marque) à Vincent en 1928, il s’agit donc bien là de machines de la marque Vincent HRD.
Le 4 juillet, le MC « Les Aligotés » organise son méchoui et, les 5 et 6 septembre, c’est au tour du Moto Club de Pousseaux d’organiser sa concentration dans ce joli village de la Nièvre.

Du côté de l’actualité en général, cette année 81 commence plutôt mal : décès de Bill Hayley en janvier à l’âge de 56 ans, de Mike Hailwood en avril à 41 ans et de Michel ROUGERIE au GP de Yougoslavie.
Heureusement, cette année 81 réserve aussi de bonnes surprises : le tube planétaire « I love rock n’ roll » et le fabuleux morceau « Hell’s Bells » de AC-DC enchantent les oreilles des motards, toujours très branchés rock.
C’est aussi cette année là que voient le jour Nicky Hayden, Randy de Puniet et Hiroshi Aoyama. La légende des grands prix motos continuera...
Enfin, ne passons pas sous silence deux évènements, survenus en septembre 81, qui marqueront la France : l’abolition de la peine de mort et l’inauguration de la ligne TGV Paris-Lyon.

C’était la note d’ambiance de cette année là. Mais revenons, en ce début d’année 81, et à notre mouvement de protestation...

La campagne pour les élections présidentielle bat son plein. Coluche est sur les rangs mais ne se fait pas d’illusion : pour lui, c’est certain, Giscard sera réélu au mois de mai. Tous le monde est de cet avis.
Le candidat Mitterrand promet au mouvement motard que, s’il sort vainqueur du référendum, il supprimera la vignette pour les motos. Mais, pourra-t-il battre son adversaire de droite ? Personne n’y croit vraiment...

Le 26 mars 81, Jean Pierre Soisson vient épingler quelques médailles de la Jeunesse et des Sports en mairie de Sens.
Les motards sénonais en profitent pour lui rappeler leurs revendications. On les écoute car les élections approchent.