mercredi 25 juillet 2012

Une solution simple pour diminuer le nombre de tués sur les routes : arrêter de les compter !

Sécurité routière

Alors que la FFMC 89 organisait une sortie dimanche dernier, sa coordinatrice a été victime d’une chute due au gravier tombé d’une remorque. Si elle s’en tire avec quelques points de suture, la FFMC 89 déplore que la gendarmerie ne soit pas venue constater les faits.

Dimanche dernier, une quinzaine de motards du département participaient à une sortie organisée à l’initiative de la FFMC 89. Arrivé à Noyers sur Serein, le groupe a eu la désagréable surprise de trouver sur sa route du gravier tombé d’une remorque sans doute trop chargée. Si la 1ère moto a réussi à éviter cette plaque s’étalant sur toute la largeur de la voie, notre coordinatrice n’a pu l’éviter et a chuté. Ayant une profonde entaille au genou, les pompiers de Noyers sont rapidement intervenus afin de la transporter à l’hôpital. De même, les services du Conseil Général sont intervenus afin de finir de balayer la route, tâche que les pompiers avaient entre temps largement engagée. Sur ce point, on ne peut que déplorer qu’il faille un accident pour qu’une action corrective soit engagée.

Mais que dire de la gendarmerie qui n’est finalement jamais venue constater la présence du gravier sur la route et tenter de déterminer qui en était responsable ? Ce sont les motards eux-mêmes qui ont du enquêter auprès des riverains afin d’identifier qui avait ainsi souillé la route et faire valoir les droits de la victime.

Cela pose aussi la question de la validité des statistiques de la Sécurité Routière. En principe, ce sont les forces de l’ordre qui, en remplissant les Bulletins d’Analyse des Accidents Corporels (BAAC), informent la préfecture et le ministère de l’Intérieur de l’existence de ces accidents. Si les gendarmes ne se déplacent pas, ces fiches ne peuvent donc pas être remplies, et les statistiques s’améliorent donc mécaniquement. C’est d’ailleurs ce que mettait en avant le Registre du Rhône, qui montrait à quel point les statistiques officielles sont fausses. Si c’est vrai pour les blessés, est-ce différent pour les tués ?

Pour quelle raison les usagers de la route n’ont-il plus le service public auquel ils ont droit ? Cherche-t-on à limiter les remontées des BAAC afin d’enjoliver les chiffres de la Sécurité Routière et faire croire, comme dans la dernière campagne, que si les motards ont des accidents, c’est parce qu’ils n’ont pas été assez prudents ? Si un motard isolé avait eu cet accident, il aurait été considéré comme celui d’un motard seul, sous-entendu responsable de ce qui lui arrivait. Quoi qu’il en soit, les motards remercient les sapeurs-pompiers volontaires, qui, même dans les secteurs reculés, continuent eux à assurer la sécurité des usagers de la route et à sauver réellement des vies.