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vendredi 2 juin 2006

Rencontre avec le préfet de l’Yonne

Suite à la manifestation du 6 mai, la FFMC 89, accompagnée du CODEVER (Collectif de Défense des Loisirs Verts), a pu rencontrer le préfet le mercredi 17 mai. Nous y avons exprimé plusieurs revendications, comme nous l’avions déjà fait lors de la manifestation.

La première d’entre elle est le ras le bol de la motophobie ambiante générée par certains médias (reportage sur TF1, Zone interdite...), où les motards sont pointés du doigt alors que plusieurs études ont démontré que les motards sont des conducteurs prudents.
Il nous a fait remarquer qu’il n’avait jamais mis en cause les motards dans le département et qu’il n’avait aucun pouvoir sur les médias. Nous lui avons tout de même rappelé que le directeur de l’information est le président du CNSR...

Concernant le mobilier urbain et les infrastructures routières : nous avons fait remarquer au préfet que des inégalités existaient sur le territoire, notamment concernant les glissières de sécurité. Des départements limitrophes plus riches, comme le Loiret ou la Cote d’Or voient la plupart de leurs glissières doublées alors que cela reste assez rare chez nous ; pire, de nouvelles glissières non doublées continuent à être posées. En agglomération, les mobiliers urbains dangereux (bac à fleurs, plots anti-stationnement...) continuent à fleurir. Fin mars, un motard, circulant à faible allure a été gravement blessé après avoir percuté une barrière installée le long d’un trottoir. Nous avons donc demandé qu’il nous appuie pour qu’une concertation s’engage avec les élus avant tout nouvel aménagement. Nous lui avons fait remarquer qu’il n’était pas normal que les usagers soient sanctionnés en cas de non respect des lois alors que personne ne contrôlait les infrastructures réalisées par les collectivités locales. Et que, de fait, c’était à nous de faire intervenir le tribunal administratif.
Sur ce dernier point, il nous a indiqué que nous pouvions le contacter afin qu’il effectue lui même les démarches nécessaires. Concernant l’état des routes et des diverses infrastructures, il a insisté sur le fait que tous les obstacles ne pouvaient être retirés. Nous avons donc bien précisé que nous ne demandions pas que la route soit transformée en circuit, mais que vu l’augmentation des 2 roues, leurs besoins devaient être pris en compte.

Concernant la loi du 5 janvier 2006 réprimant plus fortement le débridage, et plus largement toute modification de la moto, nous lui avons exprimé notre désaccord avec la politique menée, entravant le droit des motards en tant que consommateurs puisque ceux-ci ne peuvent acheter leur moto à l’étranger. De plus, le bridage à 100 CV des motos étant totalement inefficace en matière de sécurité, on ne peut que se demander pourquoi réprimer encore plus fortement ce qui n’est qu’une remise en conformité au modèle européen. Enfin, lorsque les motards modifient les caractéristiques de leur moto, c’est plus souvent pour en améliorer la sécurité (freins, suspensions...) que le contraire. Le préfet n’ayant aucun pouvoir dans ce domaine, il ne pourra que faire remonter nos revendications. Nous lui avons quand même précisé que le fait de pouvoir rouler "débridé" n’a pas pour objectif de rouler plus vite, et que la majorité des accidents arrivent à moins de 100 Km/h.
Nous lui avons aussi proposé la création d’un groupe de travail sur les 2 roues motorisés, avec notamment des représentants des forces de l’ordre. Nous estimons que ceux-ci ne sont pas suffisamment formés pour analyser les causes d’un accident moto, avec pour conséquence des motards qui sont lésés en tant que victimes et des causes réelles des accidents qui restent inconnues, nous empêchant ainsi d’y remédier.
Puis nous lui avons exprimé notre besoin d’une création de piste moto dans le département, servant à al fois pour proposer de la formation en semaine et permettant la pratique su stunt dans de bonnes conditions le week-end. Nous avons essayé de proposer des stages de perfectionnement à la conduite, mais la DDE a refusé de mettre à disposition sa piste d’examen.

Nous avons rapidement abordé le problème des moyens humains à la préfecture, puisque nous n’avons plus d’interlocuteur lorsque le coordinateur sécurité routière est absent. Il nous a proposé de contacter son directeur de cabinet en cas de besoin urgent.

Enfin, nous avons abordé le problème de l’exemplarité des forces de l’ordre, lorsqu’ils circulent à plus de 100 Km/h en ville en moto banalisée. Cela contribue à détériorer l’image des motards. De même, comment expliquer à des collégiens qu’ils doivent se protéger pour rouler en cyclo alors que les forces de l’ordre roulent en chemisette ? Sur ce point, il va voir avec les personnes concernées.

Pour sa part, il reconnaît que la FFMC est une association responsable, notamment sur le sujet des remontées de files, et souhaite continuer à travailler de concert pour la prévention. Il regrette juste que l’ensemble des motards n’ait pas une vision aussi respectueuse de la route, et aimerait que nous appelions à un meilleur respect des limitations de vitesse. S’il a reconnu qu’il était souvent doublé par des automobilistes, il a déploré que ce soit systématique avec les motards, ayant le sentiment d’être dangereux parce qu’il respecte les limitations. Il a expliqué que pour des raisons de sécurité, les limitations de la route étaient établies en prenant en compte les conducteurs les moins "aptes" à conduire, et que cela avait pour conséquence d’enlever une partie du plaisir de conduire. Il souhaite aussi que nous intervenions sur l’alcool, première cause d’accidents dans le département.

Ensuite, le CODEVER est intervenu sur la pratique des sports motorisés dans les chemins. De plus en plus d’usagers sont verbalisés abusivement à cause de la circulaire Olin introduisant une notion de carossabilité des chemins pour que l’accès y soit autorisé. LE CODEVER, tout comme la FFMC, revendiquent la libre circulation dans les chemins en respectant les autres usagers. Le député Auberger ayant questionné la ministre de l’environnement, cette dernière souhaite la mise en place de "Plans Départementaux d’Itinéraires de Randonnée Motorisée", comme ce fut le cas en Alsace. Mais ce parcours, long de seulement 11 Km dont 6 Km bitumés revient à "parquer" les usagers et représente un danger et des nuisances de par la concentration qu’il entraîne. Le CODEVER souhaite être consulté avant que des lois concernant la pratique des loisirs verts soient votées.
Le préfet interviendra auprès du Conseil Général pour qu’une réunion ait lieu.

Le CODEVER lui a remis ses "10 commandements du randonneur motorisé", tandis que nous lui avons remis le Manifeste de la FFMC, un extrait du rapport MAIDS sur l’accidentologie 2 roues, et un article relatant la faible proportion des accidents où la responsabilité du motard est engagée.
Au final, on peut estimer que cette rencontre était positive, nous attendons maintenant un prochain rendez-vous pour voir comment les choses évoluent.