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jeudi 1er juin 2017

Frédéric Wachowiak (Union Populaire Républicaine)

1) Êtes-vous favorable à la suppression des radars automatiques ? Si non, voteriez-vous un amendement à la loi de finance imposant qu’au moins 80% des recettes soient réaffectées aux Plans Départementaux d’Actions de Sécurité Routière, afin que les radars ne soient plus la variable d’ajustement permettant de combler les déficits ?

Je suis favorable à un réexamen systématique du positionnement des radars, dont le but premier doit être la sécurisation des zones dangereuses en contraignant les usagers avertis à la prudence, même pour un motif détourné.
En parallèle, il faut que les capacités de la police et de la gendarmerie en termes de surveillance et d’interception des grands excès de vitesse et des comportements dangereux sur la route soit renforcée. Dans ce sens, l’affectation des recettes dues aux diverses amendes doit être vérifiée par les représentants du peuple et, le cas échéant, réorientée vers la sensibilisation comme vous le soulignez et vers la dotation de moyens modernes et adaptés aux agents de l’Etat.

2) Le gouvernement sortant a transféré à des sociétés privées la circulation des radars embarqués afin d’en améliorer la rentabilité. Trouvez-vous normal que l’Etat délègue ses pouvoirs de police à une société privée, avec tous les abus qui ne manqueront pas de se produire ?

Il est absolument contraire aux intérêts des français que l’Etat se décharge de ses fonctions de police au profit de sociétés privées. A l’UPR, nous militons pour un plein retour à l’Etat des fonctions régaliennes et des services publics fondamentaux. A ce titre, nous défendons par exemple également la renationalisation des autoroutes, dont le coût pour l’usager ne cesse d’augmenter, à l’instar des profits dégagés par les sociétés les gérant. Malheureusement, des mesures dans ce sens sont quasi sinon totalement impossibles tant que la France restera soumise aux injonctions des traités et circulaires européistes, plaidant constamment pour un effacement de l’Etat en parallèle d’une toujours plus grande libéralisation de la société.

3) Le Conseil National de la Sécurité Routière est une instance consultative regroupant les acteurs de la sécurité routière, présentée comme étant le « parlement de la sécurité routière. » Or, aucune des mesures mise en place récemment n’avait été proposée par ce CNSR, certaines avaient même été rejetées. Qu’en pensez-vous ?

Cet état de fait est symptomatique de la perte progressive de démocratie dans notre pays. Il devient de plus en plus primordial de redonner son sens à la participation, à la consultation et à la concertation citoyennes. A cet égard, je ne peux que dénoncer clairement la marche forcée imposée dans ce domaine (et dans tant d’autres) par les politiques menées depuis plusieurs années

4) La grande majorité des décisions prises en matière de sécurité routière relèvent du domaine règlementaire, et non du domaine législatif. De fait, ces décisions qui impactent le quotidien de nos concitoyens sont prises sans que la représentation nationale ne puisse se prononcer dessus. Trouvez-vous cela démocratique ?

En complément de ma réponse au 3), il importe de redonner le pouvoir au peuple et à ses représentants, comme cela devrait être le cas dans une démocratie digne de ce nom. Un examen du bien-fondé et de l’impact réel des décisions a priori et a posteriori doit être conduit par une commission dédiée ou à défaut dans le cadre d’un rapport confié à un député volontaire

5) Etes-vous plutôt favorable à une diminution des sanctions pour les petites infractions (par exemple sur les excès de vitesse inférieurs à 20 km/h), ou au contraire pour durcir la répression sur les usagers de la route ?

En complément de ma réponse au 1), il importe de (re)donner les moyens à l’Etat et à ses agents de contrôler et sanctionner les comportements les plus dangereux, en particulier dans les zones les plus à risque.

6) Les usagers de 2 roues motorisés ont l’impression de subir un acharnement des pouvoirs publics, ceux-ci ajoutant perpétuellement de nouvelles contraintes pour décourager la pratique du 2 roues motorisé. Quelle image avez-vous des motocyclistes ?

Une image relativement neutre. La grande majorité des motocyclistes respecte les règles tout en étant particulièrement vulnérable vis-à-vis des autres usagers de la route. Il convient selon moi de se concentrer sur des mesures de partage respectueux de la route plutôt que de contraindre un certain type d’usager par rapport à un autre

7) Selon vous, quelles mesures seraient à mettre en place pour faire diminuer le nombre de tués en 2 roues motorisés sur nos routes ?

Essentiellement axées sur la sensibilisation des autres usagers, car la formation d’un motocycliste lui apporte déjà une conscience de sa propre situation sur la route – alors qu’un automobiliste est peu voire pas informé à ce sujet. Il pourrait par exemple être inclus un module de formation dédié dans le cadre du passage de l’examen du code de la route ou bien dans les écoles à l’occasion des cours d’éducation civique. De même, un stage 2 roues imposé à certains auteurs d’infractions ou proposé dans le cadre du passage du permis de conduire permettrait une meilleure conscience de la part de ces usagers. Enfin, il serait intéressant de réfléchir à la possibilité de voies dédiées aux 2 roues motorisés dans certaines agglomérations, afin d’éviter la prise de risque de ceux-ci lors de trafic chargé (zigzags entre les voitures…).

8) En 2004, la loi de décentralisation a transféré aux départements l’entretien de 18000 km de routes nationales, créant ainsi une inégalité entre les citoyens quant à la sécurité routière, selon s’ils habitent dans un département riche ou pauvre. Qu’en pensez-vous ?

Dans la continuité d’arguments énoncés précédemment, il importe de (re)faire en sorte que l’Etat soit le garant des principes fondamentaux de notre pays, en particulier l’égalité des citoyens. Nous assistons depuis de trop nombreuses années à la fuite orchestrée des compétences étatiques vers un niveau supranational européiste et un niveau régional de plus en plus coupé des territoires et de leurs particularités. Par conséquent, sans forcément renationaliser ou recentraliser tout ce qui pourrait l’être, les représentants de la Nation doivent lutter pour que l’Etat joue pleinement son rôle d’organe régulateur de l’action publique.

9) Tous les ans, la FFMC organise l’opération « Motard d’un jour », consistant à transporter les élus locaux à l’arrière d’une moto, afin de les sensibiliser au manque de prise en compte des 2 roues motorisés lors de conception des aménagements routiers. Si vous êtes élu(e), participerez-vous à cette opération ?

Cela va dans le sens de ma réponse à la question 7) et, ayant déjà eu personnellement l’occasion d’être passager moto, je participerais avec plaisir et intérêt à cette opération.

10) Seriez-vous favorable à ce que les recommandations du CEREMA en matière d’aménagements routiers deviennent des normes que les collectivités locales auraient l’obligation de respecter ?

Bien entendu, il est parfaitement logique et sensé de tenir compte des recommandations d’experts qualifiés dans l’élaboration de normes et plus largement de mesures destinées à une application pratique allant dans l’intérêt du public.
Cela va d’ailleurs dans le sens de ma réponse au 3). Il n’est pas normal que l’avis et la compétence d’organes consultatifs ne soient plus considérés pleinement

11) La loi de transition énergétique permet aux mairies et aux préfets de mettre en place des interdictions de circulation ciblant les véhicules en fonction de leur âge. Pensez-vous qu’il soit nécessaire de revenir sur cet aspect de la loi mettant en difficulté les plus modestes ?

Ces mesures, même si elles peuvent ponctuellement et de manière provisoire ou limitée amener des améliorations, ne sont que des cautères sur une jambe de bois.
La loi doit d’abord se concentrer, de manière scientifique, sur les causes premières de la pollution. La régulation du fret routier et son désengorgement par voie ferroviaire ou fluviale et le renforcement des contrôles auprès des constructeurs de véhicules et au niveau du contrôle technique me paraissent plus appropriés.

12) Remarques éventuelles