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vendredi 2 juin 2017

François Meyroune (Front de gauche et Parti communiste)

1) Êtes-vous favorable à la suppression des radars automatiques ? Si non, voteriez-vous un amendement à la loi de finance imposant qu’au moins 80% des recettes soient réaffectées aux Plans Départementaux d’Actions de Sécurité Routière, afin que les radars ne soient plus la variable d’ajustement permettant de combler les déficits ?

Je suis sceptique concernant l’efficacité des radars automatiques en général et opposé à leur multiplication. Je suis par contre pour que leur implantation soit revue et guidée par des préoccupations de sécurité routière plutôt que par des objectifs de répression voire financiers. Plus généralement encore je crois davantage des les dépenses publiques consacrées à la prévention, à la sensibilisation plutôt qu’à la punition. (ex spots TV d’éducation civique…). Quant aux recettes engendrées par les radars, elles doivent effectivement être pleinement réinvesties pour la sécurité routière.

2) Le gouvernement sortant a transféré à des sociétés privées la circulation des radars embarqués afin d’en améliorer la rentabilité. Trouvez-vous normal que l’Etat délègue ses pouvoirs de police à une société privée, avec tous les abus qui ne manqueront pas de se produire ?

Je suis totalement opposé à ce transfert. Plus globalement opposé à toute privatisation des services publics et en premier lieu ceux relevant des compétences régaliennes de l’État.

3) Le Conseil National de la Sécurité Routière est une instance consultative regroupant les acteurs de la sécurité routière, présentée comme étant le « parlement de la sécurité routière. » Or, aucune des mesures mise en place récemment n’avait été proposée par ce CNSR, certaines avaient même été rejetées. Qu’en pensez-vous ?

Je reconnais ne pas avoir une grande maîtrise de ce sujet. Par contre je suis opposé à la « gouvernance », cette tendance qui consiste à confier la gestion de notre société aux « experts » au détriment des citoyens. Je suis pour une démocratie participative afin qu’à tous les niveaux et dans tous les domaines les lieux de gestion soient ouverts à l’implication citoyenne afin que les élus puissent construire leurs décisions à la fois à partir des besoins, revendications et aspirations, donc des propositions des usagers, de la population et des recommandations de l’administration et des experts.

4) La grande majorité des décisions prises en matière de sécurité routière relèvent du domaine règlementaire, et non du domaine législatif. De fait, ces décisions qui impactent le quotidien de nos concitoyens sont prises sans que la représentation nationale ne puisse se prononcer dessus. Trouvez-vous cela démocratique ?

Cette question me semble suffisamment générale pour rappeler que selon notre constitution stipule que « La France est une République indivisible... ». et que « Son organisation est décentralisée ». Il y est précisé que « Dans les conditions prévues par la loi, ces collectivités s’administrent librement par des conseils élus et disposent d’un pouvoir réglementaire pour l’exercice de leurs compétences ». C’est donc au législateur de décider des domaines de compétences du pouvoir réglementaire.
Comme tout domaine législatif cette répartition peut donc évoluer.
Quant au pouvoir réglementaire exercé par les hauts fonctionnaires, il n’a évidemment pas lieu d’être. Ce pouvoir réglementaire là relève du premier ministre ou des ministres délégués.

5) Etes-vous plutôt favorable à une diminution des sanctions pour les petites infractions (par exemple sur les excès de vitesse inférieurs à 20 km/h), ou au contraire pour durcir la répression sur les usagers de la route ?

Comme indiqué plutôt je privilégie la prévention plutôt que la répression. En toute cohérence je suis favorable à la diminution des sanctions pour les petites infractions, ne crois pas aux vertus de la répression et proposerai, si je suis élu, de développer les politiques de prévention notamment par l’éducation civique et populaire (campagne de sensibilisation, etc...) mais aussi avec l’amélioration et l’entretien constants des infrastructures routières, et pour optimiser la sécurité des véhicules et des équipements des usagers de la route.

6) Les usagers de 2 roues motorisés ont l’impression de subir un acharnement des pouvoirs publics, ceux-ci ajoutant perpétuellement de nouvelles contraintes pour décourager la pratique du 2 roues motorisé. Quelle image avez-vous des motocyclistes ?

Honnêtement je ne considère les motards ni plu ni moins vertueux que les autres usagers de la route et plus globalement que les autres citoyens. Par contre, en lien avec le développement urbain et les préoccupations environnementales, l’usage des deux roues me paraît devoir être encouragé.

7) Selon vous, quelles mesures seraient à mettre en place pour faire diminuer le nombre de tués en 2 roues motorisés sur nos routes ?

La généralisation des glissières de sécurité.
Le contrôle et l’entretien des infrastructures
les campagnes de sensibilisation concernant le partage de la route

8) En 2004, la loi de décentralisation a transféré aux départements l’entretien de 18000 km de routes nationales, créant ainsi une inégalité entre les citoyens quant à la sécurité routière, selon s’ils habitent dans un département riche ou pauvre. Qu’en pensez-vous ?

Je pense que la constitution doit être respectée. Celle-ci précise dans son article 72-2
« Tout transfert de compétences entre l’État et les collectivités territoriales s’accompagne de l’attribution de ressources équivalentes à celles qui étaient consacrées à leur exercice ».
Opposé au libéralisme et au dogme de la dette, je considère que les collectivités territoriales doivent avoir les moyens d’exercer librement leurs compétences, ce qui suppose notamment que les dotations de l’État soient assurées à leur juste niveau. Si je suis élu, j’agirai pour l’égalité des territoires, condition de l’égalité républicaine. A la compétition entre les départements, je privilégierai leur coopération et les mesures de péréquation budgétaires. J’ajoute que je défendrai la nécessité d’un plan d’aménagement du territoire national opposée à la politique privilégiant le développement de quelques métropoles européennes et se traduisant par la désertification des autres territoires.

9) Tous les ans, la FFMC organise l’opération « Motard d’un jour », consistant à transporter les élus locaux à l’arrière d’une moto, afin de les sensibiliser au manque de prise en compte des 2 roues motorisés lors de conception des aménagements routiers. Si vous êtes élu(e), participerez-vous à cette opération ?

Oui, bien volontiers.

10) Seriez-vous favorable à ce que les recommandations du CEREMA en matière d’aménagements routiers deviennent des normes que les collectivités locales auraient l’obligation de respecter ?

Comme je l’ai déjà exprimé dans mes réponses précédentes je suis attaché à la prévention en particulier concernant l’adaptation des infrastructures aux exigences de sécurité et à la nécessité pour le législateur et les élus locaux de s’appuyer sur les propositions des usagers et les recommandations des experts. Cela dit je partage le principe selon lequel la loi s’impose aux collectivités territoriales et pour celles-ci le principe de libre administration.

11) La loi de transition énergétique permet aux mairies et aux préfets de mettre en place des interdictions de circulation ciblant les véhicules en fonction de leur âge. Pensez-vous qu’il soit nécessaire de revenir sur cet aspect de la loi mettant en difficulté les plus modestes ?

Je considère ces mesures discriminatoires et de plus totalement inefficaces. Elles me paraissent même s’inscrire dans la logique libérale des gouvernements successifs qui a consisté à privilégier le « tout camion » et maintenant le « tout autocar » sur nos routes au détriment du transport ferroviaire public marchandises et voyageurs. Ces mesures permettent de détourner l’attention de ces dérives en culpabilisant l’usager de la route qui souvent n’a pas de choix alternatif pour se déplacer.

12) Remarques éventuelles

Je suis étonné que vous ayez accompagné ce questionnaire de vos réponses. J’espère que cela ne favorisera pas auprès de certains de mes concurrents la facilité des réponses de complaisance dans un but électoral. Pour ma part je me suis efforcé de n’en prendre connaissance qu’à quelques reprises pour mieux cerner la nature de certaines questions
Evidemment je reste à votre entière disposition pour tout complément à mes réponses.


Concernant le dernier point et le pourquoi nous avons donné notre point vue, voici la réponse envoyée à M. Meyroune :
nous l’avons fait pour 2 raisons :
- c’est l’occasion de donner nos positions à des candidats qui souvent nous connaissent assez peu, et qui de plus sont aussi souvent, comme vous, des élus locaux.
- on constate souvent, en matière de sécurité routière, un phénomène de "pensée unique", avec souvent un ministère de l’Intérieur qui donne "sa" vérité et surtout son interprétation des données de sécurité routière. Cette "vérité" est souvent reprise par les médias, sans être vérifiée, et sert même parfois de réponse aux parlementaires lorsque ceux-ci interpellent le gouvernement. Nous sommes bien conscients que les élus ne peuvent pas être experts dans tous les domaines, nous leurs donnons donc un autre son de cloche que celui qu’ils entendent habituellement, à eux d’en tenir compte ou non. Quoi qu’il en soit, nous saurons rappeler aux futurs élus les réponses qu’ils nous ont apportées, et sauront dénoncer la démagogie de leurs auteurs si celles-ci sont contredites par leurs prise de position une fois élus.