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vendredi 2 juin 2017

Christophe Lamodière (Parti libéral démocrate)

1) Êtes-vous favorable à la suppression des radars automatiques ? Si non, voteriez-vous un amendement à la loi de finance imposant qu’au moins 80% des recettes soient réaffectées aux Plans Départementaux d’Actions de Sécurité Routière, afin que les radars ne soient plus la variable d’ajustement permettant de combler les déficits ?

Tous les outils permettant de réduire la mortalité routière méritent d’être déployés, et cet outil ne peut pas être que le radar automatique. La prévention doit être au cœur du mécanisme, au lieu de la seule répression. Je suis favorable à la réaffectation des recettes des radars automatiques aux PDASR, et aux travaux d’infrastructures routières

2) Le gouvernement sortant a transféré à des sociétés privées la circulation des radars embarqués afin d’en améliorer la rentabilité. Trouvez-vous normal que l’Etat délègue ses pouvoirs de police à une société privée, avec tous les abus qui ne manqueront pas de se produire ?

Je suis contre ce transfert d’un pouvoir régalien de Police, par principe. Ce n’est pas tant les abus qui risquent de poser problème, car ces sociétés sont très contrôlées, mais l’idée même de confier un pouvoir de sanction – incarnation de l’Etat et de la loi - me gêne.

3) Le Conseil National de la Sécurité Routière est une instance consultative regroupant les acteurs de la sécurité routière, présentée comme étant le « parlement de la sécurité routière. » Or, aucune des mesures mise en place récemment n’avait été proposée par ce CNSR, certaines avaient même été rejetées. Qu’en pensez-vous ?

La rupture du dialogue avec les associations d’usagers de la route est un problème que je condamne. Les seules associations de victimes ont l’oreille du législateur, ce qui est important mais pas suffisant.

4) La grande majorité des décisions prises en matière de sécurité routière relèvent du domaine règlementaire, et non du domaine législatif. De fait, ces décisions qui impactent le quotidien de nos concitoyens sont prises sans que la représentation nationale ne puisse se prononcer dessus. Trouvez-vous cela démocratique ?

La Loi ne peut pas tout régir, entre 400 et 600 000 normes sont déjà en vigueur dans notre pays qui souffre d’obésité normative. Réglementer par décret participe à cette obésité, car le contrôle du parlement ne s’exerce pas, c’est le juge administratif qui est compétant. Je suis favorable à un code de la route législatif et non règlementaire

5) Êtes-vous plutôt favorable à une diminution des sanctions pour les petites infractions (par exemple sur les excès de vitesse inférieurs à 20 km/h), ou au contraire pour durcir la répression sur les usagers de la route ?

Je suis favorable à une diminution des sanctions, car elle pénalise y compris le conducteur prudent et non seulement, le conducteur fautif

6) Les usagers de 2 roues motorisés ont l’impression de subir un acharnement des pouvoirs publics, ceux-ci ajoutant perpétuellement de nouvelles contraintes pour décourager la pratique du 2 roues motorisé. Quelle image avez-vous des motocyclistes ?

L’empilement des normes sur les motocyclistes donne en effet le sentiment d’un acharnement : les pouvoirs publics exigent des motards des contraintes qu’ils n’exigent pas des autres usagers de la route. La concertation avec les usagers de la route doit redevenir une priorité pour le gouvernement, pour isoler les mesures qui présentent un intérêt strictement financier des celles qui viennent à protéger les motocyclistes

7) Selon vous, quelles mesures seraient à mettre en place pour faire diminuer le nombre de tués en 2 roues motorisés sur nos routes ?

Pour atteindre cet objectif, deux points en particulier doivent retenir notre attention : l’amélioration de l’infrastructure routière (les nids de poule, les coussins berlinois, et le développement des doubles glissières de sécurités), ainsi la visibilité des panneaux et de la signalétique au sol permettrait également de tendre vers cet objectif

8) En 2004, la loi de décentralisation a transféré aux départements l’entretien de 18000 km de routes nationales, créant ainsi une inégalité entre les citoyens quant à la sécurité routière, selon s’ils habitent dans un département riche ou pauvre. Qu’en pensez-vous ?

Le transfert de l’entretien d’axes très importants aurait dû être compensé par des recettes supplémentaires correspondantes de l’Etat. C’est le cœur du problème, car les citoyens ne comprendraient pas une nouvelle hausse de la fiscalité déjà très lourde pour entretenir l’infrastructure routière.

9) Tous les ans, la FFMC organise l’opération « Motard d’un jour », consistant à transporter les élus locaux à l’arrière d’une moto, afin de les sensibiliser au manque de prise en compte des 2 roues motorisés lors de conception des aménagements routiers. Si vous êtes élu(e), participerez-vous à cette opération ?

Sans hésiter, oui

10) Seriez-vous favorable à ce que les recommandations du CEREMA en matière d’aménagements routiers deviennent des normes que les collectivités locales auraient l’obligation de respecter ?

A l’instar du Code de la route, empiler les contraintes, les règlements et les obligations n’amènent que le désordre. Je crois en la concertation avec les élus locaux, car les contraintes de budgets -très importantes- doivent également être entendues.

11) La loi de transition énergétique permet aux mairies et aux préfets de mettre en place des interdictions de circulation ciblant les véhicules en fonction de leur âge. Pensez-vous qu’il soit nécessaire de revenir sur cet aspect de la loi mettant en difficulté les plus modestes ?

La discrimination des véhicules polluant sur le critère de l’année de fabrication de la machine n’est possible et pertinente que si des modes de locomotions alternatifs sont possibles. Dans L’Yonne, très clairement, la mise en place de cette mesure n’est pas souhaitable, car elle pénalisera lourdement nos concitoyens et notre économie.

12) Remarques éventuelles