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mercredi 1er septembre 2010

Coup d’oeil dans le rétro, épisode 10/12

La FFMC 89 de 1979 à 1984, la saga racontée par Philippe Bernard

Manifestation à Auxerre, 5 mars 83

Le 23 février, les représentants de la FFMC nationale sont invités à Matignon pour entendre dire que les permis moto ne seront pas réformés !
Le Premier ministre à tort de croire que « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ». Il avait été impressionné par la manifestation du 20 février 82, à tel point qu’il s’était empressé de nommer un nouveau Délégué à la Sécurité Routière chargé, selon lui, d’étudier la réforme du permis. Un an plus tard il renie sa promesse. Il doute à nouveau de la détermination des motards. L’avenir va lui prouver qu’il a fait une erreur d’appréciation...

Dès le 3 mars le branle-bas de combat est à son comble : articles dans les journaux et affiches sur tous les murs appellent non pas à la, mais aux manifestations. Pas une ville digne de ce nom qui n’ait prévu une action pour le 5 mars. De Châteauroux à Elbeuf, de Cambrai à Bergerac, de Toulouse à ...Auxerre, toute la France des motards se réveille.

Dans l’Yonne des convois de motards se rassemblent au départ d’Avallon, de Joigny, de Tonnerre, de Sens pour converger vers la préfecture du département.
A Auxerre, en cet après midi frisquette, le défilé de protestation rassemble un nombre de participants qui est au moins le double de celui estimé lors de la précédente manifestation du 29 septembre 79.

Au soir de ce samedi 5 mars 83 les préfets et les sous préfets « en réfèrent » au Ministre de l’Intérieur : dans toute la France le mouvement a atteint un niveau jamais vu encore.
Le gouvernement prend à nouveau conscience qu’il doit se méfier de ces jeunes vêtus de cuir, de leurs gestes gauches lorsqu’ils sont dans les palais de la République, de leur discours parfois un peu trop direct, de leur spontanéité si éloignée des finesses de la « Haute Politique », celles qu’on apprend dans les écoles...

Assemblée constitutive de la Mutuelle, 10 avril 83

Le fond de solidarité est réuni, Jacques DELORS a signé l’autorisation d’exercer, il ne manque plus qu’une formalité pour que le travail de la Mutuelle démarre : la réunion de 12 500 motards (la moitié des sociétaires) lors d’une assemblée constitutive qui se réunit à Saint-Amand-Montrond.
Heureusement les pouvoirs sont admis, soit apportés par les sociétaires présents soit adressés par correspondance à la Mutuelle dont le siège vient d’être installé à Ajaccio.
C’est Henry PANTIGA qui est chargé de porter nos pouvoirs à Saint Amand et de représenter la FFMC 89 lors de cette assemblée constitutive.

4000 pouvoirs sont remis au plan national. Certains représentants régionaux viennent avec plus de 100 pouvoirs. Une dizaine de représentants des zones fortement urbanisées (Paris, Lyon, Marseille...) peuvent ainsi, s’ils se mettent d’accord, faire pencher la balance alors que 800 motards sont présents !
Les délégués de nos campagnes râlent à juste titre. Ce n’est déjà plus la folle ambiance des copains motards...
Car on découvre subitement la difficulté de gérer, à la satisfaction de tous, une affaire comme la Mutuelle des Motards. Les cols blancs vont bientôt remplacer les drapeaux rouges !

Enfin, malgré ces dissensions naissantes, il reste tout de même que, sur le compte bloqué de la Mutuelle, il y a 8 075 689,80 F versés par 29736 adhérents et 376 motocistes et autres commerçants. Belle réussite...

Et même si l’administration de la Mutuelle doit nécessairement être confiée à des gens compétents qui ne seront pas forcément des fous de motos, il reste encore des revendications à porter dans cette période de passage de témoins entre « agitateurs » et « administrateurs » : le permis, la TVA, les infrastructures routières, les péages d’autoroutes, etc.

L’idée de rassembler les antennes locales et départementales dans des « collectifs régionaux » est intéressante car ces « collectifs » pourraient être alors de bureaux régionaux de la Mutuelle.
Mais elle soulève la réprobation des antennes « historiques » qui se dépensent sans compter depuis 3 ans pour sauver la pratique de la moto. Les « révolutionnaires » se soulèvent contre les « Robespierre » !
Le Bulletin de liaison (en fait, une compilation des communiqués des antennes) fait état de cet antagonisme des points de vue.

Assises de Montpellier, 21-22 mai 83

Le printemps revenu, les motards de l’Yonne se rassemblent à l’occasion de rallyes touristiques comme celui organisé, le 30 avril 83, par CEM, magasin de motos tenu par Pivert.

Le 22 mai, à Montpellier, dans le cadre des assises, la première assemblée générale de la Mutuelle ratifie les décisions prises lors de l’assemblée constitutive de Saint-Amand.
On prévoit maintenant que la Mutuelle des Motards va pouvoir proposer les premiers contrats dès l’automne.

Assemblée départementale, 4 juin 83

Après 4 années d’action l’équipe de la FFMC 89, toujours les quatre même motards, ressent le besoin de passer le témoin.

C’est pourquoi, pour le 4 juin 83, elle propose une assemblée générale de tous les motards de l’Yonne afin d’impliquer d’autres personnes dans la coordination du mouvement.

Une centaine de motards assiste à cette réunion présidée par Jean Marc MALDONADO, porte-parole national de la FFMC.
Les jours suivants, le bureau, Jean Marc et quelques amis profitent des belles journées de printemps pour visiter le Morvan.

A la suite de cette AG, à la MJC de Sens, des élections seront organisées le 25 juin suivant, toujours à la même adresse.
Le nombre des membres du bureau départemental passera de 4 à 11 personnes qui représenteront, cette fois, toutes les zones du département.