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dimanche 8 août 2010

Coup d’oeil dans le rétro, épisode 9/12

La FFMC 89 de 1979 à 1984, la saga racontée par Philippe Bernard

Journée Nationale de Défense de la Moto, 23 octobre 1982

Le Délégué à la Sécurité Routière s’appelle maintenant M.MALET. Il est particulièrement maladroit lorsqu’il déclare dans une émission de radio : « La moto est dangereuse, nous ne ferons rien pour favoriser son développement... »
La FFMC considère qu’il s’agit là d’une véritable déclaration de guerre et appelle tous les motards de France à participer à une « Journée Nationale de Défense de la Moto », le 23 octobre 82.
La section de l’Yonne propose, dans le cadre de cette journée, aux motards du département de se réunir à Migennes pour une réunion débat.
Des affiches sont placardées sur les murs, les communiqués sont adressés à la presse.
Comme d’habitude, le « bureau » est au grand complet sur l’estrade.

Assises de la FFMC à Moulins, 30-31/10 et 01/11/82

Il faut continuer à motiver les motards pour qu’ils versent tous leur participation de 250+30 F. Les assises nationales sont une bonne occasion de rappeler l’importance de l’enjeu.
Autre souci de la FFMC, le « permis assassin » n’est toujours pas réformé en dépit des promesses faites par le Premier Ministre, Pierre MAUROY.
C’est pourquoi les 700 motards présents à ces assises décident une manifestation qui sera organisée le 5 mars de l’année suivante, à moins que le permis ne soit revu avant le 15 février.
Pourquoi choisir cette date du 5 mars, c’est-à-dire 3 mois après les assises ? C’est parce que, le lendemain 6 mars, la France entière est invitée à venir dans les isoloirs pour les élections municipales

Après ces assises de Moulins il sera décidé par le bureau national, afin de compléter le mouvement de revendication du 5 mars, de proposer aux motards d’adresser leurs cartes d’électeurs à la FFMC. Ces cartes seront déposées, le jour de la manifestation, dans une urne géante.
Il est bien précisé que tout électeur peut voter, néanmoins, en présentant simplement sa carte d’identité !
Les motards n’ignorent plus le pouvoir des urnes...

Participation des motocistes à la création du fonds de solidarité, 23 novembre 82

Ils n’ignorent pas, non plus, que certains vivent du marché de la moto.
Les professionnels de la moto s’engagent dans le combat. Ainsi la Chambre Syndicale des Importateurs verse 200 000 F à la Mutuelle.
La FFMC nationale sollicite les motocistes et les équipementiers afin qu’ils participent, eux aussi, à la constitution du fonds de solidarité.
La FFMC 89 relaie le message auprès des professionnels de la moto dans l’Yonne par un courrier daté du 23 novembre 82, des communiqués de presse et des affichettes que les magasins adhérents pourront apposer sur leur vitrine.
Toutes les bonnes volontés (importateurs et distributeurs y voient aussi leur intérêt !) sont sollicitées pour rassembler les 5 000 000 F.

Le fond de solidarité est constitué, 5 février 83

Pendant l’hiver les motards de l’Yonne ne sont pas inactifs : la FFMC de l’Yonne relaie dans la presse départementale les messages nationaux et l’Hivernale des Sénons en est à sa troisième édition. Le mythe est en route...
Le fond de solidarité de la Mutuelle, on le sent, va bientôt recueillir les 5 millions de francs nécessaires.

Il faut préciser, afin d’estimer à sa juste valeur cet élan de générosité, que l’argent provient essentiellement de la poche de 13 000 motards, pas forcément très argentés (280 F c’est un somme quand, à l’époque, Moto Journal coûte 3 F). Il faut ajouter que les 280 F versés ne seront pas remboursés, tout le monde le sait, ils ne permettront que d’être adhérent à la Mutuelle. Terminons, enfin, en disant que, pour ceux qui bénéficient déjà de tarifs convenables auprès de mutuelles professionnelles (fonctionnaires, artisans, agriculteurs...), l’adhésion n’apporte rien que le sentiment d’avoir aidé à la sauvegarde de la moto.
Le 5 février 83, jour de triomphe pour « ceux qui y ont cru », le compte de la Mutuelle annonce un solde de 5 230 000 F auxquels il convient d’ajouter 507 000 F d’intérêts.

Le dossier est désormais sur le bureau de Jacques DELORS, ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, qui deviendra ensuite président de la Commission européenne de 1985 à 1995. Il est également le père de Martine Aubry. C’est, enfin, pour situer le personnage, un résident de Fontaine la Gaillarde, à quelques kilomètres de Sens. Précisions données à titre de curiosité car ceci n’aura, bien entendu, aucun effet sur sa décision quant à l’autorisation de création de la Mutuelle.

Les « antennes » locales ou « sections »départementales de la FFMC sont maintenant nombreuses. Certaines ont édité leur propre autocollant afin, peut être, d’afficher leur particularisme local. D’autres, comme la FFMC 89 (fière de son Chablis, tout de même !), se rallient au panache blanc de Jean Marc et se contentent d’utiliser le modèle national.

Le 16 février 83 l’Yonne Républicaine annonce que la Mutuelle n’attend plus que l’agrément ministériel.
La priorité, désormais, c’est la réforme du permis avec, en ligne de mire, la manifestation du 5 mars qui peut être monstrueuse si les pouvoirs publics ne renoncent pas au « permis pognon » comme ils l’avaient promis.