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jeudi 29 avril 2010

Coup d’oeil dans le rétro, épisode 3/12

La FFMC 89 de 1979 à 1984, la saga racontée par Philippe Bernard

Rallye des 6 Villeneuve, 14 octobre 79

Les clubs, dans notre coin, malgré ce vaste mouvement de protestation, continuent à vivre normalement. Le 14 octobre de cette année-là, l’AMY organise son « Rallye des six Villeneuve » qui propose aux motards de relier par la route les six villages autour de Sens qui portent le nom de « Villeneuve ».

C’est l’occasion pour nous de découvrir les trombines de Chantal, Phil, Roger, Momo ... à l’occasion du repas de midi pris à Saint Martin du Tertre sur la rive de l’Yonne.
C’est aussi l’occasion d’admirer les moustaches de Riton, président, qui remet au Père Jack, toute barbe dehors, la coupe du vainqueur. Le système pileux facial est très en vogue à cette époque dans le milieu motard...
Mais revenons à notre mouvement de revendication.

Manifestation à Migennes, 28 octobre 79

Le gouvernement recule : la vignette ne sera imposée qu’aux motos de plus de 750 cm3, au lieu des plus de 500 cm3 comme il était prévu.
C’est Maurice PAPON, qui a, à l’époque, le titre de Ministre du Budget du gouvernement de Raymond BARRE (plus tard il sera nommé « criminel contre l’humanité » !), qui défend, devant l’Assemblée Nationale, le projet de vignette. La Gauche, quant à elle, se montre résolument opposée au projet. Il n’a pas échappé aux socialo-communistes que les élections présidentielles de 1981 se profilent à l’horizon... Avec le résultat que l’on connaît maintenant.

Le 28 octobre est décrété par le « mouvement des motards indépendants » (une appellation générique qui regroupe toutes les organisations déjà citées) comme « Journée Nationale de la Moto ».

Les motards de l’Yonne tiennent meeting à Migennes puis défilent dans les rues de la ville.

A Paris c’est encore 8000 motards qui se retrouvent sous la Tour Eiffel. Le défilé, lors de la manifestation, est immense. Entre Bastille est Concorde la caravane des motos est ininterrompue !
La police ne peut que canaliser le mouvement mais pas empêcher le défilé d’avancer. Toutefois, il y a une seule exception : pas question de traverser la place Vendôme où les bijoutiers et joaillers les plus prestigieux de France (voire du monde, peut-être...) tiennent boutiques.
Les deux entrées de la place sont barrées par un impressionnant service d’ordre. Officiellement, les autorités craignent que des gangsters se mêlent aux motards pour casser les vitrines. Plus généralement : pas touche au luxe qui s’exhibe...

Manifestation à Paris, 17 novembre 79

Ces mobilisations du 29 septembre et du 28 octobre ayant donc été des succès (8000 manifestants à Paris le 28 octobre selon « L’Yonne Républicaine » numéro 252 du 29 octobre 1979) les associations précitées, plus ou moins déclarées, sont rejointes par d’autres groupuscules comme « Pratique Moto Service » ou le « Mouvement des Motards Indépendants » ou encore, un certain M.BECK, directeur de la MJC du Havre (qui se présente comme « le porte parole des motards de province » !). Ensemble ils se mettent plus ou moins d’accord pour une nouvelle journée d’action dès le 17 novembre 1979. Il faut battre le fer quand il est chaud...

Deux nouvelles revendications sont mises en avant :
- Les péages d’autoroutes pour les motos sont au même tarif que ceux pour les voitures. Les motards demandent une baisse de ces péages motos.
- Les équipements personnels de sécurité (casque, gants ...) sont taxés à 17,6 % de TVA (taux normal) alors qu’ils sont de 1ère nécessité, voire obligatoires comme le casque. Les motards demandent une baisse de cette TVA à 5,5 %.

Dans l’espoir de dissuader les motards d’envahir à nouveau Paris et les villes de Province, Christian BONNET, Ministre de l’Intérieur, menace de mettre en fourrière les motos qui entravent la circulation. Cette menace d’immobilisation de plusieurs milliers de véhicule le même jour n’est, évidemment, pas prise au sérieux et ce sont 5000 motards qui se retrouvent à nouveau sous la Tour Eiffel le samedi 17 novembre.

Dans l’Yonne, pas de manif ce jour-là, mais on écrit au député du nord du département, on couvre les murs d’affichettes et on publie des articles dans la presse locale.
Les motards de l’Yonne « montent à Paris » pour ce qu’on appelle déjà le « rassemblement de la colère ».

Au départ, place Jean Jaurès à Sens, il y a une bonne cinquantaine de motos. Des BM, des Goldwing, des Bol d’Or, des 500 CX, des 500 XT, des Laverda 750, des Kawa Z, des 1100 XS, etc. Cette petite énumération de modèle pour situer l’ambiance de l’époque !

Toulouse et Lyon organisent aussi leur propre rassemblement ce qui permet aux journaux de titrer « Le triangle de la colère » les articles qui relatent cet évènement.

Le mot « Colère » est labellisé par la presse. Il va être repris par Jean Marc MALDONADO qui va en faire un terme de ralliement du mouvement de protestation des motards.