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lundi 13 octobre 2008

Réflexions d’un militant FFMC

Le témoignage suivant est issu du blog Motomag d’un membre de la FFMC Paris-Petite-Couronne
ayant récemment déménagé à Avignon. Il traduit ce que ressentent nombre
de motards militant au sein de la FFMC, se demandant pourquoi les
motards restent si passifs.

Ce samedi, j’ai eu l’occasion que j’attendais avec impatience de rencontrer les copains de ma nouvelle fédé locale. De cette réunion instructive, il ressort surtout que les problèmes que nous rencontrons en région parisienne sont exactement les mêmes en province. Je ne parle pas ici des problèmes contre lesquels nous nous positionnons en tant que FFMC, répression, insécurité, abus des pouvoirs publics, etc., mais du problème fondamental de la mobilisation des motards eux-mêmes. La fédé n’est rien sans eux, mais où sont-ils ?

On avance nombre de théories pour expliquer cela, mais chacune a son contraire démontrable ailleurs en France. Quelques exemples :

- Le nombre de motards : Dans les départements peu peuplés, c’est sûr qu’il y a moins de monde à mobiliser. Mais à Paris, avec un bon quart des 2RM de France, si on a bien un peu plus d’adhérents, en proportion ce serait plutôt le contraire.

- Le manque de sujets locaux : Heureusement, il semble qu’en dehors des grandes villes, les flics sont un peu moins sur le dos des motards, donc moins de lutte quotidienne pour pouvoir rouler en liberté. Les sujets nationaux (comme les feux de jours, le décret sur les rassemblements, le bridage à 100CV) ou de principe (comme le tunnel de l’A86) sont plus difficiles à expliquer et moins fédérateurs pour qui n’est pas déjà militant. Mais à Paris, pourtant, on ne peut pas dire que les sujets de contestation très concrets manquent, entre le stationnement, les voies de bus, la circulation entre les files...

- La « concurrence » des moto-clubs : Justement, la fédé n’est pas un moto-club ! On constate des désaffections dans les antennes purement « politiques » comme dans celles qui se cassent à organiser des balades ou des activités plus festives. On est complémentaires, pourquoi se voir en opposition ?

En fait, je pense que le principal souci est beaucoup plus large, générationnel, civilisationnel. Les gens ne se bougent pas, ne se mobilisent pas, ne se révoltent pas. Surtout ne pas faire de vagues, ne pas se faire remarquer. On a déjà assez de problèmes, restons dans notre coin de peur d’en avoir plus, au risque de laisser dégénérer ceux que l’on a déjà. Bien entendu, cela ne concerne pas que la moto, il n’y a qu’à voir l’affolante apathie du pays entier face à ce qui s’y passe, mais c’est un tout. A vous mes potes, que je tanne depuis des années, en vous parlant des lois qui nous pendent au nez puis au portefeuille faute de s’être suffisamment bougés à temps, en vous invitant en vain aux manifs et aux réunions fédé, je ne sais pas quoi dire de plus. C’est comme en politique, il y a une limite à ce qu’on peut faire pour inciter les gens à aller voter. Je ne vais pas vous entraîner de force dans le militantisme, c’est à vous de prendre vos responsabilités. Mais quand vous venez râler que vous avez pris une prune particulièrement injuste, une nouvelle taxe, une restriction de plus dans la liberté de s’exprimer et de circuler, je vous dis que c’est avant qu’il fallait réagir. A tous ceux qui se contentent de balades avec leur moto-club, en ignorant la FFMC voire en la dénigrant au lieu de travailler ensemble, je dis « très bien, profitez-en ». Mais ne venez pas vous plaindre quand vous vous mettez au tas sur une infrastructure absurde, quand vous serez ponctionné de centaines d’euros pour n’avoir pas déclaré vos parcours. A ceux qui se servent de leur moto tous les jours pour aller au boulot, en vous ruinant en essence et en pneus, mais qui ne trouvent pas quelques euros pour faire survivre le mouvement, je dis « OK, c’est vous qui voyez ». Mais ne venez pas vous plaindre quand vous serez obligé de redevenir caisseux à force de vous faire serrer entre les files et flasher pour 2 km/h de dépassement.

Je pourrais continuer longtemps comme ça, mais ça ne sert à rien. C’est juste que ça m’écœure de voir la FFMC en difficulté et l’enthousiasme des militants sapé par le manque d’implication des motards. Nous sommes l’un des pays où nous devons le plus nous défendre la moto, où l’on est censé avoir une grande gueule. Alors montrons-le, faisons-le ! A force de se reposer sur les autres, il n’y aura bientôt plus personne.

Allez aux réunions de votre antenne, participez aux manifs, relayez les messages, adhérez et faites adhérer vos potes. Ce n’est pas incompatible avec votre moto-club, vos conjoints, vos gosses, la fête des mères, la niche du chien à retaper. Mais c’est le prix à payer pour garder une fédération efficace, capable de vous représenter et de vous défendre.